Créer une entreprise à Tirana

L'Albanie a simplifié la création d'entreprise. L'enregistrement passe par un guichet unique, il est gratuit et il aboutit en quelques jours. Les contraintes réelles arrivent ensuite, du côté de la fiscalité et du recrutement.

Formes juridiques

La société à responsabilité limitée, appelée shpk, domine largement. Son capital minimum s'élève à 100 leks, un montant purement symbolique. La société par actions, ou sha, exige un capital bien plus élevé et vise les projets de grande taille. L'entrepreneur individuel, le person fizik, engage son patrimoine personnel. Une société étrangère peut aussi ouvrir une succursale ou un bureau de représentation.

Enregistrement au guichet unique

Le Centre national des entreprises, connu sous le sigle QKB, tient le registre du commerce. Le dossier se dépose à ses guichets ou en ligne sur le portail e-Albania, avec une signature numérique. Une shpk suppose un acte constitutif notarié, des statuts, la désignation d'un administrateur et une adresse dans la commune. L'enregistrement ne coûte rien et prend un à 3 jours ouvrables. L'entreprise reçoit alors son numéro d'identification fiscale, le NIPT.

Fiscalité

L'impôt sur les bénéfices s'élève à 15 %. Les coopératives agricoles et l'agrotourisme relèvent d'un taux de 5 % jusqu'à fin 2029. La TVA atteint 20 %, avec un taux réduit de 6 % sur l'hébergement, l'agrotourisme, la publicité et les livres. L'inscription à la TVA devient obligatoire au-delà de 10 millions de leks de chiffre d'affaires annuel. Les dividendes supportent une retenue de 8 %. Les communes prélèvent en plus une taxe locale d'activité, de 20 000 à 550 000 leks par an selon le lieu et le chiffre d'affaires. Les déclarations se transmettent par voie électronique chaque mois.

Coût du travail

L'employeur verse 16,7 % de cotisations sur le salaire brut, dont 15 % au titre de la sécurité sociale et 1,7 % au titre de l'assurance maladie. Le salarié en supporte 11,2 %. L'assiette est encadrée par un salaire minimum de 50 000 leks et un plafond de 186 416 leks par mois depuis janvier 2026. Un salaire brut de 50 000 leks revient ainsi à près de 58 350 leks pour l'employeur.

Ouverture aux étrangers

Aucune restriction de nationalité ne limite la détention du capital d'une société albanaise. Un non-résident peut donc être associé unique et administrateur. Un ressortissant français entre sans visa et séjourne jusqu'à 90 jours. Un titre de séjour devient obligatoire au-delà. Les citoyens de l'Union européenne sont dispensés de permis de travail. Le lek n'est arrimé ni à l'euro ni à aucune autre devise, si bien qu'une société qui facture en euros et paie ses charges en leks reste exposée au change.