Le recensement de 2023 donne, pour la préfecture de Tirana, 48,7 % de musulmans, 5,0 % de bektachis, 5,0 % d’orthodoxes et 4,7 % de catholiques. Près de 15,6 % des habitants se déclarent croyants sans confession et 17,0 % refusent de répondre. Ces chiffres sont donc à manier avec prudence. L’Église orthodoxe albanaise a contesté les résultats nationaux, qu’elle juge inférieurs à la réalité.
L’Albanie a interdit toute religion en 1967 et fermé les mosquées comme les églises. Le culte n’est redevenu possible qu’en 1990. Le 18 janvier 1991, une foule d’environ 10 000 personnes a forcé les portes de la mosquée Et’hem Bey pour y prier. Deux générations ont grandi sans instruction religieuse, ce qui explique en partie le nombre élevé de réponses indéterminées au recensement.
L’ordre bektachi, confrérie soufie proche du chiisme, a transféré son siège mondial à Tirana après son interdiction en Turquie. Sa maison mère occupe un domaine dans l’est de la ville. En septembre 2024, le Premier ministre Edi Rama a annoncé la création sur ce terrain d’un État souverain bektachi de 0,11 km². Le projet en est au stade législatif.
Les mariages entre confessions sont courants et les familles mixtes ne surprennent personne. Les fêtes des quatre communautés figurent au calendrier officiel des jours fériés, et chacun profite du repos des autres. L’appartenance nationale prime sur l’appartenance religieuse. Les tensions confessionnelles restent rares, y compris dans les périodes de crise politique. Les visiteurs sont admis dans les lieux de culte, à condition d’une tenue sobre et d’un peu de discrétion aux heures de prière.