Tirana a été fondée en 1614 par Sulejman Pacha Bargjini, un général ottoman. La ville s’est formée autour d’une mosquée et d’un marché. Elle est longtemps restée un bourg secondaire, loin derrière Shkodër, Elbasan ou Berat. La mosquée Et’hem Bey, construite entre 1794 et 1821, date de cette période. En 1923, Tirana ne comptait encore que 10 845 habitants.
Le congrès de Lushnjë a proclamé Tirana capitale provisoire du pays le 8 février 1920. Le statut est devenu définitif le 31 décembre 1925. La position centrale de la ville a pesé dans ce choix. Sous le roi Zog puis pendant l’occupation italienne, un centre administratif neuf a été tracé au sud de la place Skanderbeg, avec de larges boulevards et des bâtiments publics d’inspiration italienne. L’Italie a envahi le pays en 1939, l’Allemagne a pris le relais en 1943. Tirana a été libérée le 17 novembre 1944.
Le régime d’Enver Hoxha a fait de la capitale un centre industriel et administratif. Des quartiers entiers d’immeubles collectifs sont sortis de terre. La population a atteint 238 057 habitants en 1989. En 1967, le pays a interdit toute pratique religieuse et s’est proclamé premier État athée du monde. Le musée consacré à Enver Hoxha, aujourd’hui appelé la Pyramide, a ouvert en octobre 1988, 3 ans après la mort du dictateur.
Le mouvement étudiant parti de l’université de Tirana le 8 décembre 1990 a obtenu le pluralisme politique en 3 jours. Le Parti démocratique a été fondé dans la foulée. Le 20 février 1991, la foule a renversé la statue d’Enver Hoxha sur la place Skanderbeg. Les premières élections pluralistes ont eu lieu en mars 1991, l’alternance en mars 1992.
L’ouverture a provoqué un afflux de population venue des campagnes. La ville comptait 341 453 habitants en 2001 et 418 495 en 2011. La municipalité a repeint les façades grises, créé des parcs et piétonnisé une partie du centre. La Pyramide, réhabilitée, a rouvert en octobre 2023 et abrite désormais un centre de formation pour les jeunes.